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  • Photo du rédacteurGalel Jourih

Cabanes et chant des cigognes - part I

Dernière mise à jour : 5 mai 2022

Kabiny i śpiew bocianów


Après avoir quitté le centre de méditation, je prends la route pour retrouver Béa que j'ai rencontré sur un groupe de fille en camion et qui m'avait invité à passer chez elle.


Il fait nuit quand j'arrive et elle m’accueille avec sa mère Ewa. Son grand-père "Dziadek" est près du feu au chaud.


Il caille toujours ici. Moi qui pensais profiter de mon mois d'avril en mode lunette de soleil et chapeau de paille c'est raté je ne quitte toujours pas mon gros manteau et mon bonnet, il y a même des fois ou je regrette mes gants mais par fierté je préfère me faire amputer d'un doigt que de devoir remettre ce symbole de l'hiver.


Béa m'annonce que finalement la femme de son grand-père est malade et qu'elle ne viendra pas avec les enfants et les petits-enfants. Pas de Pâques en famille donc mais je passe la journée du lendemain à me promener dans les environs avec Béa, son chien Boubou et son chat Titi qui nous suit en balade.

La cabane est dans la forêt et en marchant un peu on arrive à côté d'une superbe rivière sauvage.



Béa a posé ses valises dans la cabane familiale après un confinement compliqué en France, depuis elle retape seule la cabane et s'imagine bien rester et monter des projets dans ce lieu. C'est un endroit pleins de souvenirs pour elle, elle venait passer tous ses étés ici avec sa sœur. Des fois sa mère les déposaient dans un bus en France en demandant à des polonais de veiller sur elles le temps du voyage, elle se rappelle des contrôles musclés et flippants de la police allemande.

Sa mère s'est réinstallé en Pologne il y a quelques années ou elle milite et bosse pour le parti des verts polonais, elle habite à Varsovie avec le grand-père de Béa.

Nous somme à une heure de Varsovie et beaucoup de gens de la capitale ont leur petite cabane pour y passer du temps hors de la ville.



On parle beaucoup en français et je sens rapidement que j'ai besoin d'un petit sas de solitude après la vie au centre.

Je dois aller à Varsovie pour valider ma procuration à l'ambassade, alors je cherche une solution pour y rester quelques jours.

Par chance, la sœur de mon amie Michèle chez qui j'étais passé en Bourgogne lors du début de mon voyage habite avec sa fille à Varsovie.

Elle est en France en ce moment et me propose super naturellement de venir me poser chez elle. Sa fille est chez son père, je serais donc toute seule dans un petit appart rien que pour moi. Folle de joie et de gratitude, j'allume un cierge à Saint Boubacar-Jackie le saint des voyages chanceux puis j’éteins la flamme avec ma bouche.


Je débarque dans le centre de Varsovie après une heure de mini-bus avec en fond sonore du disco polo, cette fameuse musique qui passe partout, qui est kitch a souhait avec des filles très très sexy et des chanteurs d'une autre époque. Les polonais adorent!

D'ailleurs l'Eurovision est un évènement que les polonais ne raterait pour rien au monde et qu'ils regardent chaque année en famille.



Je passe les jours qui suivent à visiter Vava (abréviation de Warszawa), que je trouve calme et agréable pour une grande capitale.

Varsovie a été rasé par les allemands à 80% pendant le deuxième guerre mondiale c'est donc une ville complétement reconstruite ou se côtoie bâtiments de l'époque communiste et nouveaux buildings à l’américaine.

Seule la vieille ville garde une âme d'avant-guerre. Elle a été en grande partie détruite mais reconstruite à l’identique.

Deux tiers des habitants de Varsovie ont été tué durant la seconde guerre mondiale.



Je retrouve Marek que j'avais rencontré au centre de méditation lors de notre service en cuisine.

Quand j'arrive, il m'offre un beignet Pączki,



Les pączki sont des beignets très populaires et traditionnels en Pologne, fourrés de confiture de pruneaux, de rose ou de pleins d'autres choses . Les Polonais les mangent principalement lors du Jeudi Gras « Tłusty czwartek ».

A l’origine les Pączki, permettaient d’écouler toutes les réserves de matières grasses interdites pendant la période du Carême.

C'est gras, c'est bon, c'est donc parfait pour ma silhouette estivale.

Il m’emmène ensuite dans le quartier français et on refait le monde autour d'un hamburger puis on se promène dans l'un des nombreux et magnifique parc de la ville.



Les polonais mangent à n'importe qu'elle heure, j'ai du mal à comprendre leur fonctionnement. Ils peuvent commencer par le dessert, ne manger que du sucré ou que du salé.

Ils mangent pleins de fois par jours en petite quantité.

Ce qui est pratique c'est que l'on peut manger n'importe quand, ce que je fais avec plaisir et délectation.

Je me goinfre de tout ce que je trouve, que ce soit de part énorme de pizza, de croissants et "petit-déjeuner à la française" dans la boulangerie Vincent ou de nouilles asiatiques.

C'est une sorte d'exutoire à la nourriture du centre de méditation que je me suis coltiné pendant 4 mois.


Seul regret, je n'ai pas eu l'occas' de tester les fameux bar mleczny ("bar à lait") qui sont des expériences en soi. C’est un reliquat de l’époque communiste, de la restauration subventionnée pour les masses prolétaires. Une manière de se restaurer pour vraiment pas cher dans une ambiance « bloc de l’Est ». Un repas complet et savoureux pour 5 euros.

A Wrocław, j'avais fait la queue pour en tester un mais ça allait tellement vite et je ne comprenais rien à la carte. Quand mon tour est arrivé et que la nana m'a dit en polonais qu'ils n'avaient plus le seul truc que je connaissais, j'ai paniqué et je suis partie penaude.


La solidarité au peuple ukrainien se trouve partout à Varsovie : drapeaux, pancartes, slogan anti-Poutin.

Varsovie comme les autres grandes villes polonaise est désormais saturée et ne peut plus accueillir de nouveaux résidents. La situation est compliquée ici, les polonais se demandent comment cela va évoluer. Il y a beaucoup d'aide pour les ukrainiens, des apparts leurs sont réservés c'est normale bien évidemment mais les gens se demandent combien de temps ces aides ou ces transports gratuits vont durer quand pour eux la vie devient compliquée avec l'inflation liée à la guerre.


Je retourne chez Béa après avoir regardé les résultats du deuxième tour toute seule à attendre je sais pas quoi d'extraordinaire qui transformerait les deux candidats en chatons mignons mais hélas rien de magique dans la réélection de Macron.


Pour se changer les idées, on part se faire un petit sauna à la piscine mais quand on arrive, le sauna est fermé... Semaine de merde.


On est mercredi et je reprends la route pour retrouver Basia qui m'invite chez elle en Podlasie près de la frontière Biélorusse et de la plus vieille forêt primaire européenne Białowieża.


A suivre...









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